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Le Malade imaginaire - Jean-Claude Dreyfus - jeanclaudedreyfus.fr

Pièce de théatre
Le Malade imaginaire
Il joue «le Malade imaginaire» L’'affaire Dreyfus Pour lui, Argan est un monstre pathétique.Jean-Claude Dreyfus, révolté par l’idée d’un bonheuren pilules, le trouve très contemporain... Sa collection de cochons est légendaire. Jean-Claude Dreyfus ne sait plus qu’en faire. Chacun connaît sa stature massive et sa trogne d’ogre, ses rictus machiavéliques et son œil de fauve endormiqui soudain s’allume et pétille. Un fort en gueule au sens le plus physique du terme. Les surgelés Marie ne s’y sont pas trompés, qui ont achevé de populariser les traits du boucher sanguinaire de «Delicatessen»: la gloire, c’est parfois simple comme un spot de pub.


Ce sont pourtant les planches qui ont porté ce comédien-né pendant le plus clair de son existence, depuis sesdébuts à l’âge de 16ans comme illusionniste. Après avoir troqué le chapeau magique pour les bas résille, il traverse les années 70 dans la peau d’Erna von Skratch, personnage ambigu(ë) de «la Grande Eugène» – «un spectacle de travestis haut de gamme» qu’il se remémore en rigolant.
Puis il découvre les rôles plus sérieux, sans jamais renier son goût pour l’éclectisme et les métamorphoses. Il est le cruel Ornifle de Jean Anouilh, ou se laisse pousser des plumes de coq pour jouer «Chantecler» d’Edmond Rostand. Et renoue avec ses origines «cabarétistes» en proposant de temps à autre un «Tour de cochon» – c’est-à-dire un tour de chant.
Une fois encore, c’est sur scène que l’on retrouve Jean-Claude Dreyfus. Au Théâtre Silvia-Monfort, dirigé par François Bourcier, il joue «le Malade imaginaire» au côté de Valérie Mairesse. La comédie-ballet a été amputée de quelques intermèdes musicaux: «Sinon ce serait trop long, et nous ne sommes plus à la cour, n’est-ce pas…»

Pourquoi revenir à Molière? Le nouvel Argan est formel. Il préfère les auteurs contemporains, mais souhaitait finir le siècle avec un grand classique. «De toute façon, le "Malade" est une pièce contemporaine. Même si décors et costumes renvoient bien au XVIIe siècle, il ne me semble hélas pas complètement archaïque de dénoncer les abus de "drogues de confort"...»
Pas question pour autant d’évoquer le trou de la Sécurité sociale dans le spectacle. Le problème est cependant bien présent à l’esprit de Jean-Claude Dreyfus. L’homme se défie des comprimés quand il sent poindre le rhume, et ne porte guère dans son cœur les blouses blanches qui font profession de soigner les gens en parfaite santé. Sa mère est de ces victimes d’une science pratiquée sans conscience: «Elle consomme deux valises de pilules par semaine! A 85 ans, c’est excusable. Mais je veux montrer que certains hommes d’une trentaine d’années – même si j’ai un peu plus de 30 ans… – sont concernés.»
Pour le comédien, la modernité du «Malade imaginaire» est là. Dans une mise en lumière de la névrose hypocondriaque: «Elle touche ceux qui prennent des drogues licites pour se rendre intéressants, se sentir exister.» Afin d’insister sur cette dimension, il refuse de jouer Argan en vieillard avachi dans un fauteuil. «On l’a déjà fait cent fois.» Lui voit davantage son personnage comme «un égocentrique grotesque à force de bêtise et néanmoins émouvant: un monstre pathétique».

Jean-Claude Dreyfus va donc ajouter un «monstre» à sa galerie de rôles «hénaurmes». A n’en pas douter, son interprétation devrait détoner. Du moins est-ce son vœu. Son autre grand espoir? «Ne pas mourir comme Molière, à l’issue d’une représentation de cette pièce. D’ailleurs, je préférerais ne pas mourir du tout. C’est pour cela que je ne prends pas de médicaments.»
GRÉGOIRE LEMÉNAGER
«Le Malade imaginaire», du 16 septembre au 7 novembre, Théâtre Silvia-Monfort (01-45-31-10-96).

Au théâtre, JEAN-CLAUDE DREYFUS a travaillé avec Claude Régy, Jacques Lassalle, Jean-Pierre Vincent, Patrice Leconte… On l’a vu au cinéma dans «Delicatessen», «la Cité des enfants perdus» et «Tiré à part», le premier film de Bernard Rapp.



Grégoire Leménager
Le Nouvel Observateur


Auteur - Moliere
Mise en scène - François Bourcier
Comédien(ne)s - Jean-Claude Dreyfus - Valérie Mairesse
Production - JC Auclair
Théatre - Théâtre Sylvia Monfort

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Le 14 juillet à 04:40:05
This arictle went ahead and made my day.




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