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Interview express : Jean-Claude Dreyfus, pour « La Trahison d’Einstein », d’Eric-Emmanuel Schmitt. Entretien réalisé par Lydie T 7 mars 2014,
Interview express : Jean-Claude Dreyfus, pour « La Trahison d’Einstein », d’Eric-Emmanuel Schmitt. Entretien réalisé par Lydie T
7 mars 2014, 06:25

Interview express : Jean-Claude Dreyfus, pour « La Trahison d’Einstein », d’Eric-Emmanuel Schmitt.
Entretien réalisé par Lydie Turkfeld, pour Israël Magazine.


Dans « La Trahison d’Einstein », Jean-Claude Dreyfus* incarne un homme devenu marginal et alcoolique, à la suite d’un cataclysme familial, qui va néanmoins devenir le « confident » d’Albert Einstein.
Nous avons demandé au comédien de nous parler de son rôle.


Jean-Claude Dreyfus : C’est avant tout un homme malheureux. On ne connaît pas grand-chose de son passé, il n’a même pas de nom ! On sait qu’il a perdu un fils, qu’il a eu une vie sociale…Mais ce vagabond s’offre le « luxe » de vivre au bord d’un lac du New-Jersey, dans une petite cabane…C’est un squatteur du soleil et de la nuit !
Eric-Emmanuel Schmitt ayant modulé le texte, à l’issue des deux premières lectures, notamment en fonction de ma façon d’être et de mon caractère, j’évolue dans du « sur-mesure »…

Le public prend immédiatement votre personnage en affection. Il faut dire qu’il représente les spectateurs et toutes leurs interrogations…

JCD : C’est vraiment le souhait d’Eric-Emmanuel et de Steve. Le mien aussi !
Je suis le miroir du public et l’ange-gardien d’Einstein, qui va choisir de revenir me voir...pendant dix-neuf ans !
En réalité ils en sont au même point, dans leur vie : je suis désespéré et j’ai tout perdu ; Einstein ne va pas tarder à tout perdre. Il doute de sa création et sera, bientôt, encore plus désespéré que ce vagabond.

Les deux personnages sont en marge, chacun à leur façon.

JCD : Tout-à-fait. Il y en a un qui est plus intellectuel et plus savant que l’autre, tout de même (rires) !

Einstein a, bien évidemment, découvert la théorie de la relativité restreinte (notamment) mais le vagabond a, lui aussi, découvert des choses essentielles…

JCD : La profondeur de ce qu’a Einstein dans la tête, le vagabond l’a aussi ! Il n’a pas inventé e=mc2 mais il connaît les étoiles, le temps…Il regarde le ciel et sait qu’il est 22 heures !

C’est un poète, à sa façon, un enfant naïf et turbulent…

JCD : Comme Einstein !
En ce qui concerne l’âge justement, le vieillissement progressif de Francis a été décidé dès le départ**. Depuis une semaine, je me demande si, moi, je ne devrais pas rajeunir : la méduse que je suis, au début de l’histoire, accrochée à son rocher, a trouvé un nouvel espoir au contact de l’intelligence d’Einstein. Ce serait théâtralement intéressant…

Vous aviez déjà croisé Francis Huster, dans « Le Cid », il y a environ trente ans. Cette fois, vous partagez la scène avec lui : comment se déroule votre « rencontre » ?

JCD : Très bien. Francis peut être compliqué –à raison, parfois-, mais il est toujours très juste: il a lu dix-sept livres sur Einstein, il connait tout de sa vie ! C’est quelqu’un de profondément gentil et il y a un vrai respect entre nous. Nos parcours sont différents –des parcours de théâtre, tout de même-, cela sert la pièce. On n’a pas besoin de beaucoup se parler pour se comprendre. On est heureux de jouer ensemble ! Chaque soir, on se redécouvre…

Vous n’aviez encore jamais travaillé avec Eric-Emmanuel Schmitt et Steve Suissa ?

JCD : Non***. J’ai l’impression d’avoir intégré une famille, recomposée. C’est vraiment très agréable !


Pour conclure, soulignons que Jean-Claude Dreyfus excelle dans ce rôle de vagabond, maniant aussi bien l’humour et l’autodérision que la poésie et l’émotion.
D’ailleurs, l’errance du marginal fait écho à « l’itinérance », artistique, de l’acteur…Une itinérance choisie et bienheureuse !
A l’image de cette très jolie halte, dans l’univers d’Eric-Emmanuel Schmitt, en compagnie du public et de Francis Huster…



* Un entretien-portrait, de Jean-Claude Dreyfus, a été publié dans Israël Magazine, en avril 2013.
** La pièce se déroule sur une période de 19 ans.
*** Steve Suissa et Jean-Claude Dreyfus avaient déjà tourné ensemble, dans un moyen-métrage.
Auteur Lydie T
Date mars 2014

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